De loin, dans l'obscure dimension donnée, sa silhouette floue, son aura profond, menaient dans l'instant à l'apothéose de toutes les merveilles du monde ainsi centralisées, réunies en elle. L'inattaquable curiosité et l'invulnérable envie des yeux écarquillés comme un immense rayon de soleil éclipsé allait faire briller son visage et trembler mon corps, sous le coup du traumatisme d'une telle illusion subliminale. Le réel ne va s'imposer directement à mon être, néanmoins peu à peu, il va se révéler, se dévoiler, et d'une précision des plus terrifiantes ; son sourire resplendissait comme une grâce, comme Dieu encercle les possédés. Sous le choc d'émotions intenses, les notions sont perdues et l'immobilité parcourt ma chair, non tant que mes yeux ses lèvres et mon cœur l'espace : je n'ai d'autres choix que d'aller à terre, rampant sous les feux de cette grâce, à dévisager un sublime qui ne me lâchera plus. Ses lèvres sonnent comme un relief de bout du monde, où l'on s'abandonne à perte, où l'on plonge dans un instant d'éternité, où les rêves s'immergent afin de s'y noyer à l'infini, dans ce tourbillon qui rend fou. Le critique tiraillement des sens ne se fait attendre, le moment étant tellement spatiale, l'explosion d'un missile dans le cosmos, la vision au paroxysme de la beauté, le toucher comme on pourrait s'étriper les yeux de larmes, si doux, si tendre, si à même de référencer la perfection ; l'âme au point de profondeur et d'intensité si éloignée ; si pur... Le fantasme touché. Je sillonnai ses lèvres et son visage allant au délicat mordillement dans un océan de sensualité, l'esprit défini parmi les étoiles, mes lèvres à la fusion. L'osmose fatale allait frapper, déconnecter l'infâme horreur et ensevelir, à perte, d'attirance et de lumières scintillantes comme ses yeux noirs qui fondent les vastes étendues de glaces d'Antarctique. Exaltation et volupté au fond de l'ivresse, à mort déesse dort dans mes bras. Bercé par la folie, ses paroles, ce flot se déversant d'un corps que même Dieu n'aurait imaginé créer, se murmure à mes oreilles l'extase, comme un talent hypnotique qui m'expédie aux cieux. Le piédestal ne suffira jamais. L'odeur de paradis naviguait aux travers de sa masse d'ésotériques cheveux et ma main s'entre-glissait le long de cet or noir, déviant à la douceur de ses joues, revenant de plus belle happer sa chevelure aux allures de diamants. Les cœurs, les corps s'entrelacent dans un excès de passion, sa peau ravi mes lèvres, ses mains parcourant mon corps de ses bras nonchalants au toucher de velours. Ses seins transpercent la vision comme un coup de foudre anéanti les ondes, l'effleurement procurant de vastes émotions à transparences physiques ; je bois ses sens et ses flux de mouvements de langues, de lèvres, jusqu'au bout du jour, de la nuit, à écouter ses dires, à caresser ses formes. Je lui fais corps quand elle dit mort, elle me dit mort quand je dis corps. La bombe nucléaire n'aurait émané tant d'effets. Lentement, je remonte le long de ses jambes d'une candeur, d'un charme paradisiaque et enchanteur, ses hanches et ses fesses étourdissant le peu qu'il reste de lucidité là où le vague à l'âme possède, où l'acquis est perdu, où les pensées s'en vont, mêlé, vers des horizons d'abandons, d'apaisements certains. La soumission sonne à la porte, les rêves d'ici ne sont plus, l'éternel erre ici et là, au loin, aux bords des falaises d'où crie le vide ; quand je glisse en elle. L'épaisseur de la fine couche verglacée qui porte en apesanteur est fébrile, tremble le fond des tiroirs, les raclures accrochés. Son regard écrase mon être de part une puissance qu'une catastrophe naturellement provoquée ne provoquerait... A faire l'amour, à la passion, à l'admiration, aux pensées débordantes, à son visage d'ange, de princesse les yeux fermées, le sommeil pesant, voguant dans l'atmosphère à perdre notions, à perdre l'extérieur ; la fixation de mes pupilles arrachées crise, crie l'amour. Le sublime au service du sublime.
Il n'y a d'autres faits constatés qu'après avoir parcouru les joies des sommets, l'ultime perfection, l'extrême pointe des cimes, l'indécent rêve ; plus rien n'aura dorénavant la même valeur et ses corps par milliards ne représenteront que du vent miséricordieux à nos yeux. Il n'y a plus rien, c'est le vide, la mort seule ayant encore le fantasque fantasme de donner aussi forte émotion, les larmes seules face à notre âme, le vide, le vide absolu.
D'une certes moins tragique mais néanmoins façon, après l'écoute de Witchcult Today des brumeux Electric Wizard, on a l'ample possibilité de se diriger vers une mort d'un apaisement certain, car non plus rien n'aura telle saveur, cette croix emmenée loin.
/t.




