DYSKINESIA

Dalla Nascita (2011)




".In mountain fighting even the severely wounded have at times to be carried out by hand."


C'est l'histoire d'un groupe, qui a tourné le dos, aux chemins tracés dans les lignes du temps, qui s'est retrouvé face au mur et à des horizons instables, tentant de brutaliser les défenses des acquis, devant, derrière, ici... A coups de pioches, l'acte s'avère périlleux, la progression se fait dans le mal, et le néant semble ressembler à une damnation tant il s'oppose à tous idéaux apposés aux murs de l'enclos ; à point que même Hitler ou Amherst peuvent se targuer de douceur. Qu'importe le poids lâchement compressé sur l'ailleurs, le mépris et la conscience apaiseront l'horreur du conflit, amèneront à passer au-delà, au moins dans les sphères intérieures.

Dyskinesia allonge nos pas vers le néant, déstabilise l'ordre et empresse sous les draps de la voie lactée. Une ode au lointain, à ces divers horizons et la désespérance de ceux-là même. Rien ne laisse présager l'arrêt de la foudre pour la grêle, néanmoins le noir, élément constant et irréversible de toutes pensées suffisamment profondes, ne se dresse comme finalité, fatalité systémique tout au plus, loin de celle des esprits.

L'élan qui emporte les ténèbres des cœurs restant, se veut vacillant et pénible, lumières sombres et cordes raides, gèles arctiques et braises volcaniques, les paradoxes sont scellés à la cire et réunis dans l'immensité précise du rien, et transversent ainsi ici les cimes autant que les gouffres sacrés. Paysages furtifs, paysages à contempler d'outre-tombe, d'outre-vie : ainsi cela la non-vie entrouvre les portes d'un néant en guise de repos.

L'amertume fend la foule, laisse choir ce semblant de vie, accroche à la chute, un saut de l'ange dans l'antre du cœur, là où l'insupportable sensibilité n'a même point comme représentation la mort. Tout cela va trop loin ; n'est-ce déjà pas sommet d'effort que de vivre ? Fallait-il rendre l'exploit de tout maquiller, de fabriquer faux sur faux, d'amener la fiction jusqu'au cœur, à l'esprit et aux ressentis ? Tout prévoit que tout échappe, et la duperie a si bien perforé, que la pseudo-conscience a été formé par l'ordre, et celui-ci toujours, la monte en valeur ; la normalité comme normalité, même les animaux se seraient mutilés d'une telle insoutenable normalité...

Dyskinesia est, de la musique ; une atmosphère...planante. Dark. Post..rock..hxc. Drone ; des sonorités, de la musique, belle, dégueulasse ; une merveille. Ainsi à apprécier en condition optimale.

Le régime totalitaire systémique tend vers l'élimination des consciences, que dis-je, c'est la base de ses fondations ! Comment alors ne pas assouvir des penchants inverses, brûler les désagréments, briser le ciment temps... Le monde se calque ainsi dans les erreurs, et le fond de la société est le même qu'il y a 2000 ans, seules les formes évoluent, et même sans gloire... N'y a-t-il pas à revoir certains concepts ? Deux millénaires ne suffisent-ils pas à un peu plus d'élévation d'esprit ? Forcer de constater que non. Toutes les pseudo-pensées et divers concepts humains misent à disposition de l'humanité et l'ordre sont un échec absolu, clair et limpide ; il n'y a qu'à regarder, admirer la disgrâce environnante ; alors il n'y a rien à en tirer, et tous éléments extérieurs intérieurs à l'enclos, ne se prendront pour l'éternité que du mépris et de l'indifférence, en conscience de leurs abjections et de leurs cruautés intarissables.

Dalla Nascita est une sorte de miracle ondulatoire, noir d'espoir, refuge de chaos et de rêves, apaisant.

Grandiose. L'avalanche sonore plonge dans les abimes de la nostalgie électrifiée. Intense à l'impossible.

/t.



"Puisque l'intensité du son est, au même titre que celle de la pensée, soumise au degré d'agitation du corps, ce dernier en subit inévitablement les effets. Tout se passe comme si les grandes envolées - ignorées des troupeaux humains - s'élaboraient au prix d'une dévastation corporelle.".Cioran

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