Et là, je me lance, m'élance même, vers une descente dans les abîmes des méandres psychédéliques du chaos méprisable environnant. De la forêt, capricieusement montagnarde, à... en bas. Le soleil illuminait le ciel, et moi encore sain au milieu des sapins dans l'ombre, la lueur de l'obscure voguait à la surface de mes tourbillons ; barrière si pénétrable et ambigüe. L'irruption, vers le gouffre civilisé de cet énième siècle, s'avéra bien périlleuse, bien que s'axera dans son tronçon de terre et de pierres vers les rayons brulant accompagné d'une sensation de lance-flamme bougrement élevé en température. Je vais cramé me dis-je, me dirigent d'ombre de branchages en ombre de tapis soyeux en peau de, vaches... Ah non, ce sont des vraies, putain... ! Ne pouvant alors approcher l'arbre de Satan et ses branches tranchantes comme des faux scintillantes d'aiguisement, ni plus de son analogique adjacent arbre du jardin d'éden, je rebrousse chemin. Faisant dans l'extrême tiraillement et l'imprudence téméraire afin de gravir le sol à mes yeux pour passer paisiblement la clôture électrifié, mes pensées se mirent à dire à quel point putain, c'est électrifié, justement... ! Ils ne lésinent pas sur les volts ces enfoirés. Ô combien la vue est belle...
"You can't be ready for what's about to happen"
Le chemin se façonne en route et les chaussures mutées en roues, on n'arrête pas le progrès ; et encore, il faut décoller. Et puis, il manquait l'élément manquant non négligeable à toutes formes de voyages, la musique. Oui je sais, certaines. Alors l'équipement optionnelle, opposé aux roues, m'amena à m'échapper, dans les tourments de Botulinus Toxic. Pourquoi pas...
"Sandstorm pleasure overdrive"
Après avoir vivacement géré une épingle, puis une autre plus maitrisé, j'étais absolument absorbé par les ondes et les pensées au fin fond des profondeurs d'un des détails tout bonnement pointu, peut-être un vaisseau éclaté dans ses yeux, d'un des nuages, en forme de lama chinois d'un ciel aux rayons calcinant quand... Bordel ! Un mirage ? Non ?! Comment appelé cela, une fille, je m'abstiendrais, courrait, plus ou moins énergiquement, alors qu'un garçon, je m'abstiendrais, suivait, au pas, à vélo, il faut le dire, mollement. Il ne manquait plus que la laisse... A peine le temps d'un souffle, d'une bride d'oxygène au milieu des ondes qu'apparait un mec, hautement équipé, muni d'un talkie-walkie et d'un pas alerte. Putain, qu'est-ce qui ce passe, qu'est-ce que c'est ?! L'irrationnel ; c'est cela. Rugi la tempête de sable overdrive, il en faudrait des vitesses... Alors qu'une à priori sans mal débroussailleuse surgit de par-dessus la pente du champ d'un virage, puis quelques parcelles d'asphalte, enfin si l'on peut dire, plus loin, la vitesse chute nettement, et la vision trouble d'une vieille dame, sans aucun doute, pour le moins âgée, me fixant, m'envahit ; et les contours m'épuisent, vision d'une femme agitant tendrement un hochet et, comble, d'un enfant en, sans aucun doute, pour le moins bas-âge.
Et dire que j'avais jugé cette route trop scabreuse et indécente la veille... Dans la nuit. Sous cette lueur de feux éclatante, le détour n'aurait surement jouer autant de tours.
"Filthy grave"
L'extase sonore étourdissait de nouveau mes sens, le temps d'un instant, et puis survient l'orage, les ténèbres, la civilisation mutante, ces roues, que de roues. On se croirait dans les périph' de NY or LA, point ne suis-je rentré dans les détails de souillure ; putain ! Qu'est ce que je fous ici, j'étais en plein milieu du désert ! La tranquillité bientôt rayée du dictionnaire, je progresse avec étouffement dans l'enfer que même les plus noirs musiciens, peintres, écrivains, réalisateurs, n'auraient pu retranscrire... Le harcellement des véhicules, et tous ces regards terrifiants, comme toujours depuis mes premiers pas dans la jungle, m'emportaient loin dans les caniveaux les plus abjectes alors que le sable tentait, purement, de tout ensevelir. Mais le coup de grâce tomba ! Trois jeunes filles, d'au moins seize ans, trois pétasses quoi, errants, hagards au bord de cette chaleureuse route de campagne (effectivement, je m'étais pourtant échappé de LA). Il fallait terminer l'affaire au plus pressé, ça pourrait finir en vrille. RAD.
Mais voilà, à peine quelques tracks de passées ; je savais qu'il faudrait y retourner un jour ou l'autre...
"I offered the truth"
Voyage au cœur du cosmos aux météorites traversantes abondantes et vivement gracieuses. L'effet était là. Alors tant pis, il faisait nuit, les phares étaient de mise au flou du chemin parcouru, m'élançant, une fois de plus, dans l'antre des sonorités. L'obscure et l'absurde, la misèricorde, étaient toujours de marbre, sur ces routes secondaires aux allures de mégalopoles horrifiques, pléonasme ; qui apportaient des a-coups de lames, au même titre que la douce musique virevoltante... Mais cette fois-ci, j'étais déterminé à suivre le file sans élément perturbateur détournant la possession. Et peu importe les chiens, les loups le long des trottoirs, peu importe les entités jouant au tennis dans la nuit, la pute, la horde de gens en cercle sectuaire et sectaire à la vue de leurs rétines, peu importe...
Une voie, à double-sens, maléfique, terrifiante, s'annonçait et sous les sons envenimant, n'affecta qu'à peine broutille de ma vision, quelques horreurs, quelques jeunes cons dépravés en costards, quelques caisses, quelques vieux, c'est vague... Et soufflaient, ruisselaient en moi, les courants du désert.
Ne décrivons point l'enivrement produit affluant à l'être par l'essence produite, par les arômes exquis de ce stoner psychédélique bien barré...
Mais pourquoi pas, tremper les lèvres (non, ça ne comptera point), dans ce Botulinus Toxic. Pourquoi pas...
.t



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