THE WINCHESTER CLUB

Negative Liberty (2011)


'Human beings will always betray you.'

Je n'ai jamais évoqué ici-bas même l'épique et démentiel The Winchester Club, par l'intermédiaire du somptueux Britannia Triumphant. Il est grand temps d'allier le passé au présent, et de faire revenir le futur très vite à nos pieds, qu'il se fige, ce putain de temps, que tombe le vent, ainsi que je lance, à la volée, quelques pensées, passant dans les ondes, leur album flambant neuf, Negative Liberty.

Nous sommes dans le rêve éveillé, réveillé, dérangé, martyrisé par ces poids lourds, ces agitations, ce brassage médiatique, ces vents dénuées de matières. Les décors sont plantés, le concept établi ; il faut maintenant reculer, imprégner, pour en percevoir l'essence, pour en déceler le sens ; chère liberté, chère liberté négative...
Un album concept sur la liberté dans notre jolie monde libre, inspiré d'une série de documentaires "The Trap" ; il n'en fallait pas plus pour atteindre les cieux des profondeurs, pour vriller au fond de l'indescriptible, dans la mélancolie, le rêve, la tristesse, l'ailleurs, dans la misère de nos peurs.

Et effectivement, je n'imagine plus au combien j'ai compté de semblables sans blâmes à clamer leurs vérités, leur liberté ; leurs pensées censées descendre de leurs esprits, mais c'est qu'ils y croient, putain... Cette passion pour cette liberté en carton, je les ai vu se perdre, au milieu de la place, las moi-même d'admirer une telle culture du faux, les larmes criantes à s'en déchirer aux ciseaux. Comment un tel degré de perversion à pu conquérir ses âmes en peines, en pertes ? Comment ces peuples ont-ils pu se laisser réduire à la simple poussière, à de simples chiffres, statistiques infaillibles qui vous forcent à la liberté, réjouissez-vous, jouissez, allez-y... Encore s'il n'y avait que cette masse, ces automates qu'on aurait pourtant pu ranger sous l'espèce animal, aux allures de bétails, mais merde, où sont les abattoirs pour cela, pour ceux-là ?! Mais non pire, les rares restant, ces as de la réflexion, à genoux sur les ponts, ne font que toucher le fond ; l'intérêt personnel et puis voilà, je vis moi pour moi, je trace ma route libre dans ce système corrompu, ce pays vendu, je m'en fou j'avance, j'avance encore, comme je dois m'engager, comme le tracé m'a indiqué, comme le monde a créé mes pensées, je m'y complais je m'en fou, je cours à l'abstraction, au final retombant... Sur les pas de l'abattoir, sur les chemins du bétail. En joue... Feu ! Je t'emmerde camarade, dispersant ta chair au winchester, robot solitaire, entouré de divertissements aux mains de fer.

'We will force you to be free.'

Ce n'est pas très glorieux tu sais, d'être libre entre six murs. Arrête de jouer la pute va, ça ne sert à rien ; arrête d'essayer de relooker ta boite, cela ne restera qu'à jamais qu'une pauvre boite...
Ne vois-tu pas, la camisole de force, aliénant ton esprit... ? Non, tu dira non, mais non, ce n'est pas tant une question, une vérité refusée, comme cette liberté érodée...

Ça se tue à la tâche pour vivre ici-bas à l'extase dans le dégueulasse, à faire l'amour aux handicapés, à se perdre au cyanure afin de se prendre pour du vivant, chair avide. Mais non n'allons pas plus loin, surtout, cela remettrait tant en cause, mais non n'allons pas si loin, le bruit du marteau-piqueur sur ces innombrables murs serait insoutenable, mais non n'allons pas plus loin, laissons nous inculquer le faux, les vérités fabriquées, les concepts misérables... Mais non moi, cette liberté négative ne m'intéresse.

Bercé aux sonorités de l'étrange, paisibles instants de mélange, parcourant ces amas de corps, croulant sous les cendres, encore, brûlantes, déversant, insignifiant, le contenu physique de l'âme, histoire, d'éteindre les braises, aller manger des fraises, sous l'arbre fleurissant, étonnant de douceur, encerclé par l'horreur, empli bien pourtant de peur ; traversant les horizons comme le vent claque la peau, terrorise les pores ; écrit au pinceau, délivrant le sort, d'une beauté artistique à même de glacer l'effroi, le froid ; un mirage frénétique.

Le travail ne rend pas libre, l'abstraction non plus, vos divertissement encore moins, et vous-même, rendez la notion impossible ; impassible je constate la foire, le foin trainant sous mes pieds, les bouses, vos épouses à quatre pattes, salissant le sol de leur fort intérieur. The Winchester Club entraine, de par sa pureté, en dehors des sentiers, dans le sauvage des grands espaces encore libres, libres d'humains prêts à tout encastrer ce tout dans des cages, puisqu'ils ne connaissent que cela.

Je m'endors dans ces cieux qui sonnent comme un rêve ; Negative Liberty comme Britannia Triumphant, dégage un aura tellement lointain, dans une délicate mélancolie de nos contes de fées, planant au pays des merveilles, tournant à jamais, sans fin, alternative à la terre démunie ; je m'engouffre dans les cimes de l'apaisement, dans l'ambiante ambiance fusionnante de la grâce, aussi douce, angélique que le toucher de ton visage.


/t.

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