Lausanne. Une chouette petite bourgade, au bord de l‘océan, au pied des montagnes enneigées. On y a trouvé une petite auberge sympathique: la gérante est certes d’un certain âge, mais on arrive tout de même à se comprendre. Malgré les générations qui nous séparent. Les tarifs ne sont pas excessifs, surtout lorsque tu les compares au niveau de vie environnant. Dix putain d’euros pour un pack de 6 cannettes de bière de 50cl! De la Delirium? Nan. De La fin du Monde alors? Nan nan, juste de la putain d’Heineken. Ainsi soit-il. Au bout de plus de trois ans à aller harder en Helvétie, on vient juste d’apprendre que les commerces sur les aires d’autoroute n’ont pas le droit de vendre de l’alcool. Sûrement le résultat de l’une de ces lois non coercitive et pleine de bon sens… sûrement, ouais.
Un court week-end de hard, et déjà le second jour pointe le bout de son nez, en début d‘aprèm. Au lendemain d’un Nebra/The Ocean surprenant (la surprise n’étant pas forcément agréable), direction Lausanne pour un Crystal Antlers au Romandie, salle qui nous gatte vraiment en cette année 2010: OM, White Hills, Russian Circles, Kruger et Crystal Antlers, donc. Pour un dimanche soir, une influence plus que convenable et, surtout, de qualité: on en reparle un peu plus bas.
Le début de ma relation avec ces californiens n’a pas été explosive, plus ou moins passionné, tout au plus. Il y avait comme un excès d’ondes positives sur leur EP. Et puis, il y a eu la découverte, cette découverte live, à Lyon, l’année dernière, au Sonic. Ma perception du groupe a dès lors complètement changé, ça a été comme une redécouverte, plaisante: je comprenais enfin leur musique. Cette occasion, rapprochée, de les revoir se devait de ne pas être loupée, le jugement définitif allait s‘abattre, aussi retentissant que le bruit d’un cristal cassé. Et aussi certain que… que sais-je: mon sourire niais du concert a été un indicateur précis sur la surprise, agréable, qui m’étreignit. Comme l’expression polie mais réservée de l’antilope des Cordillères quand les hasards de la promenade la mettent subitement en présence de la panthère noire du Bengale. Quelle claque, seigneur Dieu à quatre pattes! Incroyable et palpitant souvenir que celui-ci.
L’équipe déjà, cette curieuse symbiose. Ils sont encore tout jeune, pas l’un d’entre eux n’a du dépasser la barre de la trentaine. Jonny Bell, le bassiste/chanteur. Lui, le bonhomme, il semble toujours sorti, et, quand on l’interpelle directement, il met un petit bout de temps à descendre de sa chimère. Hein…? Quoi…? Qu’est-ce qu’il y a…? Selon les circonstances, il s’effare des normes les plus admises pour, la minute d’après, demeurer tout quiet devant le moins prévu des cataclysmes. Encore un qui n’a très peu de relation avec le sol. Et pourtant, sur scène, ce mec est une bête! Le reste ne déçoit pas: entre un batteur survitaminé apprenti chanteur, un guitariste démentiel à moustache, une claviériste flambant neuve (un changement de line-up, donc, par rapport à leur précédente tournée) et… Damian, l’homme de goûts et de couleur. Ma rencontre avec lui dans les toilettes de la salle, quelques minutes auparavant, m’a permis de me rendre compte que la situation pourrait déraper à tout moment. Inutile de lutter contre le grand aimant, ça devait se passer comme ça. À part ça, d’une exquise bonté, d’une tendresse folle. Une âme pétrie de concorde et d’harmonie.
Les premières minutes du concert confirment: le son est identique à celui de leur skeuds. Tout y est parfaitement dosé: parfait, donc. Malgré leur collaboration avec Ikey Morris de The Mars Volta, le groupe a toujours cherché à sonner naturelle, ce qui explique leur désir d’enregistrer live, sur cassette, pour garder intact l’énergie originelle et originale du combo. Retranscription parfaite et impressionnante donc. Qui plus est, le choix de la setlist relève du génie. Si nous aurions pu croire que seul les morceaux issus de leur premier full-length seraient mis en avant, il n’en est rien. La quasi-totalité de l’EP sera ici joué ce soir. Et lorsque l’on compare ces morceaux avec les plus récents, il apparaît comme certain que nous n’avons rien loupé au change. Imaginez un cours instant toute la démence hypnotique d’un « Parting Song for the Torn Sky ». Voyez? Un « Until the Sun Dies (Part 2) »? « Owl »? Alors un « Dust »? Nan, bien sur que nan. Un tel condensé d’énergie, positive, a été lâché sans aucune retenue, foutant un putain de smiley à toutes les personnes du public! L’énergie débordante et démente du psychédélisme 60s/70s, couplé à un feeling démoniaque, ponctué par d’incessantes coupures et transitions, laissant loin derrière nous toute forme de monotonie. Tout le monde s’en donne à cœur joie. Depuis des mois, j’ai enfin eu un fou rire pendant un concert, quand cet énergumène de Damian (il était originellement le tourneur du groupe) a perdu sa cymbale. Relation atypique et curieuse d’ailleurs. Il fait l’amour avec ses instruments sur scène: que ce soit de délicats coups de langue sur l’ustensile, ou quelques coups de hanches sensuels contre ces toms, le résultat parait déconcertant. Alors, bien sur, quand il décidera de tomber le bas et de glisser sa baguette dans… vous m’avez très bien compris, l’étonnement est à son comble. Les lunettes de soleil, le boa rose autour du cou, etc. ne font, pour le coup donc, qu’accentuer l’aura autour du personnage. Mais l’irréel a rempli la salle, peu importe. Peu importe. Il y a cette électricité dans l’air, cette folie dansante, plus personne n’a cure du terrible quotidien morose, le voyage est temporel. Un concentré de folie, assurément. Un concentré de vitalité, indéniablement. Personne ne pourra faire grief au groupe de ne pas avoir joué le jeu ce soir, personne. Conscient de l’accueil incroyable dont ils bénéficient, le groupe remontera à pas moins de deux reprises sur scène pour les rappels. Le désir commun est simple: cet échange d’énergie entre le groupe et le public ne doit pour rien au monde s’arrêter. Le groupe pourrait passer la nuit entière sur scène, et même ça, ça ne suffirait pas. Le public est parfait ce soir: respectueux, énergique, communicatif et joviale. Le groupe l’a compris, et, exténué, il sait qu’il n’y a qu’une seule manière d’arrêter cette soirée, sans vexer personne: Kevin Stuart, le batteur, va littéralement explosé sa batterie, ne laissant intact que sa grosse caisse. De la folie, que je vous disais. Est-ce toujours comme ça? Est-ce à dire que j’ai passé l’un de mes meilleurs concerts de 2010? Il semblerait que oui. Et puis… l’humour. Jonny Bell, l’américain un peu grassouillet, dont on image la chambre recouverte de posters de Kurt Cobain, avec ses nombreuses planches de skate, lui, a eu les couilles de faire ce que peu ont osé tenter: monter sur scène, jouer, et y manger du chocolat suisse. J’en tire tout simplement ma casquette. Un groupe vraiment fantastique, plaisant, et d'une très très grande intensité. Une expérience revigorante en somme, une expérience à vivre, assurément.
Un court week-end de hard, et déjà le second jour pointe le bout de son nez, en début d‘aprèm. Au lendemain d’un Nebra/The Ocean surprenant (la surprise n’étant pas forcément agréable), direction Lausanne pour un Crystal Antlers au Romandie, salle qui nous gatte vraiment en cette année 2010: OM, White Hills, Russian Circles, Kruger et Crystal Antlers, donc. Pour un dimanche soir, une influence plus que convenable et, surtout, de qualité: on en reparle un peu plus bas.
Le début de ma relation avec ces californiens n’a pas été explosive, plus ou moins passionné, tout au plus. Il y avait comme un excès d’ondes positives sur leur EP. Et puis, il y a eu la découverte, cette découverte live, à Lyon, l’année dernière, au Sonic. Ma perception du groupe a dès lors complètement changé, ça a été comme une redécouverte, plaisante: je comprenais enfin leur musique. Cette occasion, rapprochée, de les revoir se devait de ne pas être loupée, le jugement définitif allait s‘abattre, aussi retentissant que le bruit d’un cristal cassé. Et aussi certain que… que sais-je: mon sourire niais du concert a été un indicateur précis sur la surprise, agréable, qui m’étreignit. Comme l’expression polie mais réservée de l’antilope des Cordillères quand les hasards de la promenade la mettent subitement en présence de la panthère noire du Bengale. Quelle claque, seigneur Dieu à quatre pattes! Incroyable et palpitant souvenir que celui-ci.
L’équipe déjà, cette curieuse symbiose. Ils sont encore tout jeune, pas l’un d’entre eux n’a du dépasser la barre de la trentaine. Jonny Bell, le bassiste/chanteur. Lui, le bonhomme, il semble toujours sorti, et, quand on l’interpelle directement, il met un petit bout de temps à descendre de sa chimère. Hein…? Quoi…? Qu’est-ce qu’il y a…? Selon les circonstances, il s’effare des normes les plus admises pour, la minute d’après, demeurer tout quiet devant le moins prévu des cataclysmes. Encore un qui n’a très peu de relation avec le sol. Et pourtant, sur scène, ce mec est une bête! Le reste ne déçoit pas: entre un batteur survitaminé apprenti chanteur, un guitariste démentiel à moustache, une claviériste flambant neuve (un changement de line-up, donc, par rapport à leur précédente tournée) et… Damian, l’homme de goûts et de couleur. Ma rencontre avec lui dans les toilettes de la salle, quelques minutes auparavant, m’a permis de me rendre compte que la situation pourrait déraper à tout moment. Inutile de lutter contre le grand aimant, ça devait se passer comme ça. À part ça, d’une exquise bonté, d’une tendresse folle. Une âme pétrie de concorde et d’harmonie.
Les premières minutes du concert confirment: le son est identique à celui de leur skeuds. Tout y est parfaitement dosé: parfait, donc. Malgré leur collaboration avec Ikey Morris de The Mars Volta, le groupe a toujours cherché à sonner naturelle, ce qui explique leur désir d’enregistrer live, sur cassette, pour garder intact l’énergie originelle et originale du combo. Retranscription parfaite et impressionnante donc. Qui plus est, le choix de la setlist relève du génie. Si nous aurions pu croire que seul les morceaux issus de leur premier full-length seraient mis en avant, il n’en est rien. La quasi-totalité de l’EP sera ici joué ce soir. Et lorsque l’on compare ces morceaux avec les plus récents, il apparaît comme certain que nous n’avons rien loupé au change. Imaginez un cours instant toute la démence hypnotique d’un « Parting Song for the Torn Sky ». Voyez? Un « Until the Sun Dies (Part 2) »? « Owl »? Alors un « Dust »? Nan, bien sur que nan. Un tel condensé d’énergie, positive, a été lâché sans aucune retenue, foutant un putain de smiley à toutes les personnes du public! L’énergie débordante et démente du psychédélisme 60s/70s, couplé à un feeling démoniaque, ponctué par d’incessantes coupures et transitions, laissant loin derrière nous toute forme de monotonie. Tout le monde s’en donne à cœur joie. Depuis des mois, j’ai enfin eu un fou rire pendant un concert, quand cet énergumène de Damian (il était originellement le tourneur du groupe) a perdu sa cymbale. Relation atypique et curieuse d’ailleurs. Il fait l’amour avec ses instruments sur scène: que ce soit de délicats coups de langue sur l’ustensile, ou quelques coups de hanches sensuels contre ces toms, le résultat parait déconcertant. Alors, bien sur, quand il décidera de tomber le bas et de glisser sa baguette dans… vous m’avez très bien compris, l’étonnement est à son comble. Les lunettes de soleil, le boa rose autour du cou, etc. ne font, pour le coup donc, qu’accentuer l’aura autour du personnage. Mais l’irréel a rempli la salle, peu importe. Peu importe. Il y a cette électricité dans l’air, cette folie dansante, plus personne n’a cure du terrible quotidien morose, le voyage est temporel. Un concentré de folie, assurément. Un concentré de vitalité, indéniablement. Personne ne pourra faire grief au groupe de ne pas avoir joué le jeu ce soir, personne. Conscient de l’accueil incroyable dont ils bénéficient, le groupe remontera à pas moins de deux reprises sur scène pour les rappels. Le désir commun est simple: cet échange d’énergie entre le groupe et le public ne doit pour rien au monde s’arrêter. Le groupe pourrait passer la nuit entière sur scène, et même ça, ça ne suffirait pas. Le public est parfait ce soir: respectueux, énergique, communicatif et joviale. Le groupe l’a compris, et, exténué, il sait qu’il n’y a qu’une seule manière d’arrêter cette soirée, sans vexer personne: Kevin Stuart, le batteur, va littéralement explosé sa batterie, ne laissant intact que sa grosse caisse. De la folie, que je vous disais. Est-ce toujours comme ça? Est-ce à dire que j’ai passé l’un de mes meilleurs concerts de 2010? Il semblerait que oui. Et puis… l’humour. Jonny Bell, l’américain un peu grassouillet, dont on image la chambre recouverte de posters de Kurt Cobain, avec ses nombreuses planches de skate, lui, a eu les couilles de faire ce que peu ont osé tenter: monter sur scène, jouer, et y manger du chocolat suisse. J’en tire tout simplement ma casquette. Un groupe vraiment fantastique, plaisant, et d'une très très grande intensité. Une expérience revigorante en somme, une expérience à vivre, assurément.
.caedes
Une petite minute d'immortalisée par mes soins:






1 commentaires:
la gérante d'un certain age va t'en coller cinq dans la gueule
Enregistrer un commentaire