HUATA

Open the Gates of Shambhala (2010)



Avis aux lecteurs:
    Avant d’aller plus loin, et par souci de vérité, qui se doit d’éclater au grand jour, je tiens à préciser que cette chronique n’avait initialement pas sa place dans ces pages… tout du moins, pas dans l’immédiat. Mais l’infâme directeur en chef du label Throatruiner Records a le bras long et le cutter aiguisé: il nous a menacé de nous couper une couille si l’on ne chroniquait pas sa première signature. La pression était trop grande: la boule au ventre, et encore avec les deux dans le calbutte fort heureusement, je me lance dans ce billet… vie de merde, décidément.

Huata
VS
Electric Wizard

    Je suis arrivé à glaner quelques informations sur ce nouveau groupe: ce serait les neveux d‘Electric Wizard, semble-t-il. Si les aînés viennent de Grande-Bretagne, ces jeunots viennent quant à eux de la petite, celle qu’on a du mal à voir sur la carte de la météo, trop en marge, à moins d’avoir un écran 16/9ème flambant neuf. Leur nom est d’ailleurs breton, sûrement un sentiment de fierté exacerbé… sûrement des indépendantistes quand j’y repense. Et comment! Seigneur Dieu à quatre pattes, il y a de quoi! Une région où la pluie est présente plus de 350 jours par an, ça doit sûrement donner envie de la défendre face à l’envahisseur, aux bronzés de la capitale ou de la Cote d‘Azur, à ceux qui connaissent la signification du terme « indice de protection solaire ». Pour la petite anecdote, les tontons et la tata rosbifs savaient très bien les occuper lorsqu’ils devaient les surveiller durant l’une de ces après-midi, pluvieuse: une messe noire en bonne et due forme, avec atelier coloriage de pentagramme et trépanation de crâne de squelette déterré la veille durant l’une de ces profanations joviale et familiale. Le soir, pour les endormir, après leur avoir fait une soufflette pleine d’amour à base d‘herbe qui clignote dans la nuit, ils branchaient les pédales de distorsions et autres amplis Sunn O))), et laissant échapper les bourdonnements, apaisant ainsi ces jeunes diables, se laissant attirer dans les méandres du sommeil, serrant très fort contre eux leur adorable doudou, une magnifique croix inversée du début du siècle, offerte par leurs grand-mères avant qu‘elles ne se prostituent dans l‘une de ces publicités télévisuelles avec l‘une de ces inimitables coiffes bigoudennes. Le cholestérol doit sûrement être héréditaire: une seule écoute de leur cinq titres vous donnera une petite idée de leur taux démoniaquement élevé. En voilà encore qui ne feront pas de vieux os… avec un organisme qui produit autant de substances grasses, la barre de la trentaine sera difficilement franchie. Leur son est du genre à dégouliner affreusement, à te pourrir une nappe en une répète: à ce niveau là, il marque un bon point, assurément. A contrario, et pour rester dans le domaine de la prod’, je trouve tout de même qu’il manque un petit quelque chose pour VRAIMENT atteindre la lourdeur homérique. Le son de la batterie? A fortiori des cymbales, peut-être? Peut-être. Sans égaler la masse d’un Ufomammut, certains plans m’ont néanmoins fait penser au trio italien. Toujours dans le déballage de nom, dans l’unique dessein de me racheter une once de crédibilité, l’écoute de ce premier jet m’a également rappelé les affreux de The Wounded Kings pour/par le côté doom-sludgy, une petite touche d’un Orange Goblin sous calmant pour/par le côté rock’n roll-catchy (Diving in a swamp) et, évidemment…, Electric Wizard. Si l’influence est bel et bien là, et difficilement niable, je me permettrai de leur donner un conseil, atypique: persister les mecs. En effet, et c’est bien là l’impression majeure que j’ai eu en écoutant ces titres, ces affreux sont sur la bonne voie, d’excellentes idées par ci par là ponctuent le skeud, mais il manque encore, à mon humble avis, la maîtrise du riff ultime couplé à la ligne de chant ultime, comme tontons et tata savent si bien le faire. Il arrive qu’il manque, parfois, la petite étincelle qui enflamme le morceau, le plan qu’il fallait précisément pour que la démence prenne possession du corps émoustillé de l’auditeur. Mais, et je l’espère, ça devrait venir avec le temps. C’est d’ailleurs peut-être ça qu’il leur manque, finalement: du temps. De la bouteille, de l’expérience, peu importe. À l’écoute de ce « Open the Gates of Shambhala », on peut difficilement imaginer des mecs lorgnant du côté de la quarantaine, notamment dans la voix, qui malgré quelques très bons passages, manque de rugosité. Quelques nouvelles lampées de  whisky et quelques cartouches de clopes grillées devraient pallier ce petit soucis. Tout laisse à croire que ces jeunes bretons devraient se bonifier avec le temps… et en attendant, il apparaît judicieux de les suivre de près, car mine de rien, des groupes comme eux en France, dans ce registre « jeposemescouillessurmesamplispourimplorerSatanàgrandscoupsdedisto », ça manque cruellement. Et puis… pour une fois qu’ils décident d’exporter autre chose que des crêpes salées dégueux et du cidre « alcoolisé » (comprendre pour anciens alcooliques anonymes), ce serait dommage de ne pas les encourager, me semble-t-il.

Cut your flesh and worship Satan.

L’album est en libre téléchargement à cette adresse. Vous n’êtes pas condamnés cependant à être libre: vitrine BigCartel.

.caedes


1 commentaires:

sickofmotion a dit…

Name-dropping alléchant ! Ca a l'air sympa

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