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HAVE A NICE LIFE

Deathconsciousness (2008)




Avoir une belle vie, avoir une belle naissance, avoir une belle enfance, avoir une belle jeunesse, avoir une belle carrière professionnelle, avoir de beaux enfants, avoir une belle retraite, avoir de beaux petits-enfants, avoir une belle mort, avoir un beau cercueil, avoir un bel enterrement...

Avoir suscité l'extase, avoir été comblé, avoir été bien éduqué, avoir été dépravé, avoir pleuré, avoir été consolé, avoir fuit dans sa chambre sous les cris, avoir joué inconsciemment du monde extérieur, avoir été malade dans son lit et espéré un miracle, avoir cru au père Noël, avoir été amené à voir la vie sous un sourire de plomb, avoir naïvement été entrainé dans la lumière illusionnante de l'avenir, avoir toujours souscrit aux idées directrices.

Avoir toujours souscrit aux idées directrices, recommencer.

Avoir rencontré des gens, s'être socialisé, avoir suivit, avoir entrainé, avoir acheté, acheté, consommé, s'être alcoolisé un soir de célébration, trop, avoir chercher les putains de cachets d'aspirine, n'avoir rien contrôlé du tout, s'illusionner, s'illusionner, s'écraser la gueule par terre, avoir levé les yeux au ciel noir, avoir vu la décadence, avoir été une putain, recommencer.

Avoir gardé tout espoir en la lueur invisible au bout du tunnel, avoir bien travaillé à l'école, avoir séché les cours de français, avoir stressé, avoir crevé dans une salle de cours scrutant ça montre comme un diamant, avoir été récompensé d'avoir bien recraché un apprentissage de l'inhumanité, avoir haït, avoir passé des heures écouter la science parler, recommencer.

Avoir craqué, avoir ris, avoir passé du bon temps, avoir fait la gueule, avoir râlé, avoir regarder la télé toute la journée, être sorti à une soirée, avoir stressé, être énervé, être triste, être excité, être impatient, être nerveux, avoir la flemme, avoir de l'enthousiasme, avoir crié, avoir parlé, avoir espéré, recommencer.

Avoir regardé sa tête dans un miroir, s'être persuadé d'être beau, s'être persuadé d'être moche, imaginer qu'il y a mieux, imaginer qu'il y a pire, essayer de se coiffer, avoir l'air correct, s'habiller, s'habiller comme une petite salope pour paraître intéressante, se faire traiter de pute, le nier, allumer, avoir mis trop de gel, avoir honte, se sentir charmant, se donner un style, se donner une image, voir ces milliards d'images dénaturées et superficielles, juger avec, faire avec, recommencer.

Avoir intérieurement crier dans un silence noir, s'être retourner sur soi-même, essayer désespérément, comprendre, criser et crouler sous les milliards pensées envahissantes, avoir bien dormi, s'être vite évadé, insomnie, insomnie, avoir l'envie d'être assommer, s'être retourner, encore, se terrifier, ne plus pouvoir, ne plus en pouvoir, se réveiller, tout recommencer.

Avoir regarder papa conduire la voiture, avoir maudit le chauffeur de bus, avoir regarder des diapos, avoir lu le code de la route (ou non), avoir regardé le boitier du voisin, avoir stressé, avoir appuyé sur les pédales, avoir eu peur, s'être cru responsable, avoir tremblé, avoir son permis, avoir roulé trop vite, avoir roulé tout doucement, avoir des événements inexplicables, avoir coupé le contact, avoir insulté un putain de connard de fils de pute qui bloquait, avoir flippé, avoir allumé le contact, recommencer.

Avoir rencontré un fille, l'avoir embrassé, avoir de l'amour, avoir fait l'amour, avoir souffert, avoir des doutes, avoir regretté d'autres choses, avoir fait une erreur, avoir menti, avoir été écrasé sous les coups de tortures mentales, s'en être remis, avoir continuer, avoir suivit ces rails, avoir vu ces petites putains allumer, avoir méprisé, avoir vu ces connards corrompre, avoir méprisé, avoir l'envie de rétablir l'ordre, avoir l'espoir insoutenable, l'avoir regardé dans les yeux, ne pas supporter, recommencer.

Avoir toujours souscrit aux idées directrices, recommencer.

Avoir obéit, avoir fermé sa gueule, avoir exécuté les ordres, avoir tenté une rébellion, avoir pensé être révolutionnaire, avoir été félicité, avoir encensé l'ordre, avoir gravit une marche, avoir pris le métro le matin, avoir pris le métro le soir, avoir vu, avoir vu les gens, avoir mis le réveil, avoir emmerdé le travail, s'être levé quand même, avoir regardé le journal, avoir vu, avoir vu le monde, avoir été esclave, recommencer.

Avoir attendu, avoir pris un ticket à la poste, avoir été retirer de l'argent, avoir rentré son code, avoir dépensé cet argent, avoir fait les courses, avoir oublié la liste, avoir chargé le coffre, avoir rangé les courses, avoir rangé sa chambre, avoir décroché le téléphone, avoir laissé la sonnerie s'épuiser, avoir rechargé son portable, avoir préparé à manger, avoir choisi, avoir mangé, avoir fait la vaisselle, avoir fini, penser se reposer, aller mettre de l'essence, recommencer.

Avoir rêvé, avoir conceptualisé un bonheur, avoir pensé qu'il était à portée, avoir imaginé une vie parfaite, avoir espéré, avoir projeté l'avenir, avoir été déçu, avoir encore une profonde utopie personnelle, avoir voulu rationalisé la vie, avoir mis de la colle sous ses chaussures alors que c'était les pieds qui partaient vers le ciel, avoir un idéal, avoir chuté, recommencer.

Avoir appris que Dieu était Dieu, s'être fait posséder, avoir regardé la messe le dimanche matin à la télé, avoir visité une église, avoir brulé des cierges, avoir été superstitieux, avoir lu son horoscope, s'être confessé, avoir prié, avoir imaginé un seul instant qu'il existait une force supérieur, avoir été aveuglement entrainé vers la croyance, avoir sombré au massacre, avoir cautionné, avoir douté même, avoir subis, avoir cru en un putain de Dieu, avoir été à ce point baisé, recommencer.

Avoir vu la mort, avoir vu du sang, trop regardé la télé, faire des cauchemars, être en deuil, ne plus l'être, ainsi soit-il, aimer, ne plus aimer, avoir constaté trop d'horreur, avoir vu un animal martyrisé, avoir vu un homme mort et s'en réjouir, un autre et pleurer, avoir appris à se droguer, avoir appris à baiser, avoir appris à se suicider, ne pas se poser de questions, fermer les yeux quand la réalité survient trop brusquement, avoir été dans l'erreur, rester dedans en toute impunité, avoir un enfant mort dans ses bras, recommencer.

Avoir toujours souscrit aux idées directrices, recommencer.

Avoir reçu son bulletin de paie, avoir de l'argent, être pauvre, avoir été licencié, rechercher du travail, ne pas en trouver, en trouver, ne plus avoir de temps, ne plus réfléchir, avoir sa vie dicté, recevoir ses impôts, les payer, aimer la République, s'intéresser à la politique, avoir son avis, se situer, avoir pensé qu'on était intelligent, toucher la sécurité sociale, aller au médecin, prendre ses médicaments, avoir été vacciné, avoir une carte bancaire, aller faire les magasins, s'intéresser à la mode le samedi quand on a du temps libre, sortir croire profiter intensément de la vie qu'on nous offre un soir par semaine, faire les comptes le lendemain, compter, prévoir l'avenir, rencontrer son banquier, avoir pensé qu'il était de vôtre coté, recommencer.

Avoir été euphorique, avoir pensé être quelque chose, avoir pensé servir à quelque chose, avoir été fier, avoir réussi quelque chose, avoir trahi, avoir effacé son humanité, avoir levé les bras, s'être senti fort, avoir de l'orgueil, se croire faible, avoir des remords, se sentir seul, se sentir abandonner, souffrir, réussir, profiter de quelqu'un, être un intérêt, être rien, être la personne qu'on croise le matin dans la rue, être celle qui fait profil bas, être celle qui lève la tête, être un inconnu, avoir pensé au but de sa vie, avoir pensé le réaliser, avoir pensé à l'aboutissement, avoir rêvé d'être épanoui, être minable, recommencer.

Avoir plané, avoir aperçu les Alpes sur du papier crépis, avoir paniqué, avoir été précipité, avoir craqué, avoir imaginé, s'être fait des films, s'être mis dans des situations improbables, en avoir trop fait, en avoir trop pris, s'étaler, ne plus bouger, penser, avoir un sentiment d'apaisement, avoir transformé sa chambre en parc d'attraction, le monde en univers psychédélique et surréaliste, décoller, ne plus penser, vivre son esprit, bader, avoir une glace dans le congel, avoir un JDS, ne pas en avoir, repousser les limites, immortaliser, s'imprégner d'une musique, s'immerger, devoir affronter des conditions périlleuses, ne jamais s'arrêter, avoir perdu la notion inhumaine de la réalité, avoir sombré dans l'extase, aimer, avoir réaliser...

Avoir réaliser, avoir pris conscience, avoir aimer, voir, voir, voir, voir des salopes par milliards, voir des connards par milliards, voir des gens, voir la méchanceté, voir le mensonge, voir l'horreur, voir la souffrance, voir ce tourbillon du néant, voir cette aveuglement, voir le présent, voir le passé, voir le futur, voir le noir, voir la nature humaine, voir le monde, voir ce non-retour, voir que l'amour n'est plus d'ici, voir que la sincérité non plus, voir cette violence, voir ce paysage se dégrader, voir ces arbres s'écrouler, voir ces gens se détester, abhorrer, voir que rien n'a de sens, voir la dérive, voir la décadence de la décadence, voir l'espoir disparaître, voir ces proches mourir, voir des putes et des boites de nuit, entendre de la musique qui attaque le cerveau, les voir se mettre à genou, regretter, regretter de voir, regretter d'être, regretter d'avoir connu, avoir tout perdu, elle, avoir tout donné, l'avoir vu heureuse, avoir été libre, avoir eu le sourire, avoir tout perdu, avoir succombé, avoir tout cassé, avoir pleuré, être dans l'incompréhension, voir pleurer, voir rire, voir baiser, voir tuer, voir ce que le monde apporte, voir l'exploitation, voir la bourse, voir les gens croire à la crise, voir les gens voter et y croire, voir qu'il n'y a pas de place pour tout le monde, voir qu'il faut se résoudre à une vie qu'on a pas choisi, voir que tout le monde se croit libre, être exaspérer, avoir été jeté, s'être écarté, voir ces bras tendu, expliquer que le chemin est trop étroit, voir les gens travailler, s'abrutir, ne pas penser, voir, voir, voir, avoir ses propres yeux, avoir pris conscience...

Ne pas vouloir, ne pas supporter, avoir une autre vie, avoir une autre vision, être mélancolique, vouloir vivre, vouloir vivre, vouloir vivre, avoir d'autres pensées, être à cœur, avoir l'esprit ailleurs, voir la vie, ne pas vouloir ce monde, voir qu'on ne peut pas choisir, rêver, imaginer, croire, ne plus supporter, pleurer, sombrer, mourir, avoir une belle vie, avoir été poignardé, avoir trop donné, avoir trop, être mélancolique, réjouir le jour de fin, écrire son cœur, n'être rien, savoir n'être rien, vouloir être libre, ne pas être d'accord, s'envoler, être rattraper par le précipice, avoir pris conscience que le monde est bien plus que l'intérêt pitoyable qu'on lui porte et voir comme les gens continuent à massacrer la vie, à se complaire dans la souffrance, à aimer se faire enculer, à faire des compromis à outrance, à subir, à concéder ; avoir réfléchit, vouloir de la simplicité, vouloir s'évader, avoir compris, avoir ces pensées transversales, avoir été résigner, s'accrocher, lâcher, se mettre à genou, être achever, vouloir arrêter la machine, vouloir dire stop, vouloir profiter, vouloir vivre, mourir.

To HAVE A NICE LIFE...



'' « Telle une maladie infectieuse, un atome de peste susceptible de contaminer tout un empire, ainsi l'homme contaminerai par sa présence une terre de délices jusqu'à lui innocente. Ils apprirent à mentir et se complurent dans le mensonge et apprirent la beauté du mensonge. Peut-être tout cela commença-t-il fort innocemment, par simple badinage, par coquetterie, comme une sorte de jeu plaisant, et peut-être effectivement au moyen de quelque atome, mais cet atome de mensonge s'insinua dans leur cœur et leur parut aimable. Peu après naquit la volupté ; la volupté engendra la jalousie, la jalousie la cruauté... Ah ! Je ne sais, je ne m'en souviens plus, mais bientôt, très vite, le sang jaillit en première éclaboussure : ils en furent étonnés, effrayés, ils commencèrent à s'éloigner les uns des autres, à se séparer. Il se forma des alliances, mais à présent dirigées contre les autres. Reproches et blâmes se firent entendre. Ils apprirent ce qu'est la honte, et de la honte ils firent une vertu. Le sentiment de l'honneur naquit chez eux et au-dessus de chaque alliance brandit son étendard. Ils se mirent à maltraiter les bêtes, et les bêtes s'éloignant d'eux pour gagner le fond des forêts leur devinrent hostiles. Une ère de luttes s'ouvrit en faveur du particularisme, de l'individualisme, de la personnalité, de la distinction du mien et du tien. Il y eut diversité de langages. Ils apprirent la tristesse et aimèrent la tristesse ; ils aspirèrent à la souffrance et dirent que la vérité ne s'acquiert que par la souffrance. Et la science fit chez eux son apparition. Devenus méchants, c'est alors qu'ils se mirent à parler de fraternité et d'humanité et qu'ils comprirent ces idées-là. Devenus criminels, c'est alors qu'ils inventèrent la justice et se dictèrent des codes complets pour la conserver ; puis, afin d'assurer le respect de ces codes, ils instituèrent la guillotine. Ils n'eurent plus qu'un vague souvenir de ce qu'ils avaient perdu, même s'ils ne voulaient pas croire qu'ils avaient jadis été innocents et heureux. Ils ne laissaient pas de railler la possibilité de leur ancien bonheur qu'ils nommaient un songe. » (Dostoïevski)
Mais il y a pire : ils allaient découvrir que la conscience de la vie est supérieure à la vie et la connaissance des ''lois du bonheur'' supérieure au bonheur. Dès lors, ils étaient perdus ; en les divisant d'avec eux-mêmes par l'œuvre démoniaque de la science, en les précipitant de l'éternel présent dans l'histoire.'' Cioran.


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U.S.CHRISTMAS

Eat The Low Dogs (2008)




Une tourmente infernale, un esprit tourné vers des horizons étendus et différents, un vent évacuant tous les terrifiants acquis d’un système inhumain, une prise de conscience libre, une envie d’innocence et d’évasion, une prise aux sources corrodées du monde, un refus de collaborer pour une existence qui plonge vers le précipice, une extrême envie de voyage invraisemblable, un psychédélisme pur. L’univers d’U.S.Christmas nous immerge dans la pleine épopée psychédélique, on ne saurait retranscrire mieux la déferlante de réactions aux humains dénaturés qui s’abattent sur le monde. On ne saurait mieux décrire cette attitude submergée de rêves et lessivée de contraintes. USX évolue donc dans un (Post)-Rock Psychédélique affolant. Avec « Eat The Low Dogs », le groupe a dépassé toutes les limites infranchissables auparavant. Cet album est, comme l’a dit Nate Hall (chanteur, guitariste) : ‘inspiré des êtres humains, des peurs, de nos défauts tragiques et de la brutalité des choses que nous faisons, à déplorer sur les ténèbres de l’homme.’ Le voyage s’annonce terrifiant. Les musiques dégagent une pureté sonore rare, probablement grâce à l’enregistrement, qui est exactement la transcription de ce qui sort des amplis (tout comme leurs précédents efforts). Et Nate Hall le revendique bien : ‘Il s’agit d’un enregistrement sincère.’ C’est d’ailleurs eux-mêmes et notamment Tchad Davis (synthé, guitare) qui ont enregistré et produit l’album.

La première chanson, qui nous introduit ici aux ravages futurs, aura déjà largement suffit à nous décomposer. Les guitares mélancoliques et les samples oscillants nous pénètrent, puis vient la voix : Il n’y a pas de mots pour décrire la frayeur que nous ressentons. Elle glace littéralement le sang, les effets présents dessus la rendent intemporelle et envoutante ; déchirante… Et dire que les paroles de « In The Light Of All Time », tout comme celle de « Pray To The Sky », ont été improvisé.

La suite de l’album ne sera qu’une monté aux enfers et une descente au ciel, dans la fureur et les tourbillons psychédéliques. Plus rien n’a de sens, plus rien n’a d’importance, la musique fait vivre une telle intensité que rien ne peut la tempérer. Le morceau « The Scalphunters » nous terrasse à un rythme effréné, notre vision se brouille, nos pensées s’entrechoquent, et on peut fatidiquement se demander : ‘qu’est ce qu’il se passe’ ?! Un flou artistique nous envahit, tous les instruments produisent une entité sonore frénétique, tout est poussé à l’extrême, la pression ne peut être plus insaisissable. Mais l’enchainement n’en sera que plus déboussolant encore. « Say Sister » ou bien encore « Silent Tongue » nous saturent d’aliénation, physique et mentale. Peut-être sont-elles l’apothéose de l’album, avec leurs ambiances consternantes et nostalgiques, un supplice lent et donc d’autant plus lancinant et déchirant. La voix, poussé à l’extrême paroxysme intensifie et embellit la frustration et la perte, la désolation et la détresse, la crise et la convulsion que les instruments peuvent procurer. U.S.Christmas martyrise, U.S.Christmas est un génocide psychédélique. 
 
Nous avons la permission, au alentour du milieu de l’écoute, à un très léger répit avec « The Light And Trails », où Tchad Davis contribue lui seul au morceau, qui nous laisse là, étalé et ébranlé par ce qu’on a subit mais encore épargné… Jusqu’à quand ? Une effroyable série de chansons approche et nous sentons qu’il est temps de reconsidérer tous les tenants et les aboutissants. A travers ce périple sonore épique, nous sillonnons les atmosphères psychédéliques et prenons peu à peu l’absolue démesure de la réalité. Les contraintes quotidiennes et le semblant de vie mené ne pèsent pas lourd dans la balance. L’effroi des idéologies de masse et de la civilisation déraillée résonnent enfin à nos pensées et nos sentiments. L’existence n’est-elle pas celle que nous dédaignons ? Comme le dit si bien Albert Caraco (écrivain) : ‘Nous nous prélassons dans notre affaissement, nous roulons au devant de notre perte en refusant de rompre d’avec ce qui nous entraine, nous sommes consentants…’ de notre perversion, de notre déraison et de notre souillure… Un séjour aux fondements du psychédélisme et de l’authenticité, qui nous électrise dans un champ intemporel, un tournoiement inexplicable, excessivement planant et déroutant, nous montre que nos psychoses et nos blessures créées par le système et les normes devraient être laissé vacant pour un bienfait mental et vital bénéfique. Tragique. USX désagrège toutes limites et nous fait parcourir des univers encore obscurs et inconnus. 
 
Au même titre que leurs sources d’inspiration, la période d’enregistrement des neuf morceaux a indéniablement eu son rôle à jouer. Nate Hall s’en souvient encore, de ce mois de janvier dans les montagnes de Marion : ‘Il faisait putain de froid à l’extérieur, et environ dix degré plus froid dans la maison.’ Mais se satisfait du résultat : ‘Cet album a été très dur à enregistrer pour nous, mais il a finit par être le travail le plus cohérent que nous avons jamais fait.’ 
 
Aussi bien « Uktena », qui est au passage une légende d’une tribu d’Amérindiens de Caroline du Nord, que « Gallows Humor », nous apparaissent comme glacial et implacable. « Black Lung » vient comme une déchéance, un écroulement… Son rythme placide et mélodieux, très ambiant et atmosphérique nous fait sombrer, accompagné par un bramement agonisant, atrophié et brisé. Un voyage hypnotique et fascinant. En reprenant, pour fin, le riff de la première chanson, USX parachève ce rêve psychédélique. Ceci montre également que les musiciens voulaient une ambiance générale compacte et thymiquement identique. C’est pour le mieux excellemment réussi, avec des samples vacillants mais très réverbérés, et c’est surtout fait sans tomber dans l’ennui ou la monotonie. « Pray To The Sky » vient donc clôturer les ébats, avec un chant toujours plus affolant, insoutenable et faramineux… Cette ultime chanson est d'une violence psychotropique âpre.

Voici alors une belle overdose de mots placée sur une entité inqualifiable, cette musique qui nous imprègne et nous possède, qui nous laisse en fragments… Seulement faut-il s’adonner à apprendre, à s’abîmer et à se perdre dans ces riffs, samples et chant psychédéliques, et ressentir la musique.
A quoi
U.S.Christmas fait appel en nous, ‘il est difficile de le savoir ; mais ce qui est certain, c’est qu’il touche une zone si profonde que la folie elle-même n’y saurait pénétrer.’, pour paraphraser Emil Cioran.

Scott Kelly et Neurot Recordings ont donc signé un coup de maître en sortant « Eat The Low Dogs », qui représente pour ma part tout simplement le skeud de l’année 2008 et surtout une musique et un album intemporels.



LIVE REPORT: 
BIOGRAPHIE:



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KICKBACK

No Surrender (2009)



Alors mes petites putes, on a envie de se divertir un peu? T’as donc rien de mieux à foutre dans ta putain de misérable et d’insignifiante vie que de lire cette chronique de merde?! Tu ferais mieux d’aller à la rencontre du sexe opposé au lieu de te masturber devant tes écrans! Ah moins… que tu sois gay, hein? Ou peut-être même… impuissant?! Tu bandes plus, c’est ça? Tu viens de passer ta journée à faire le putain de voyeur sur Facebook, et tu aimerais, justement, t’en prendre plein la face, là maintenant? Va chier petite salope! Et reste donc dans ton putain de paradis artificiel! Ici, c’est l’enfer… et on n‘est déjà assez nombreux, bien trop nombreux même (This is not for you! You! YOU! YOUUUUUUU!!).  

Bon… je crois que c’est un bon début de chronique ça. Je crois même que la bête qui sommeille (somnole?) en moi commence à aimer ça. Au lieu d’intérioriser, il faudrait que j’envisage autre chose, une plus grande communi(cati)on avec mes (connards de) semblables… à voir. Quoi qu’il en soit, c’était juste impensable que je commence cet article sans une densité d’insultes au paragraphe² qui mettrait minable n’importe quel trou du cul. Merde, on parle de qu(o)i là quand même? Kick-Back! Kickback ou comment pousser le plus endurci des végète-à-rien hypocondriaque tiers-mondiste ébahi à passer à l’acte libérateur! De la haine, à perte de vue, et une citation, de Cioran, qui avait du pressentir l’arrivée éminente de ces affreux:


« Si le dégoût du monde conférait à lui seul la sainteté, je ne vois pas comment je (KicKbacK?) pourrais éviter la canonisation ».


    - Début juin 2009, aux alentours de 2h du mat’, sur un parking désert:
    - « Si t’aimes ce qu’est Malsain, avec un grandaime, tu devrais écouter ce groupe, Kickback, et son dernier album, No surrender. »
    - « Okay… sauf que si j’écoute tout ce qu’on me dit d’écouter, je n’aurais même plus le temps d’écouter ce que j’ai envie d’écouter… ni même ce que je dois écouter, et encore moins, mais c’est moins grave, ce que je n‘ai pas envie d‘écouter. » 


     - Juin 2009, toujours, dans la voiture cette fois-ci, direction le Hellfest: première écoute de « No Surrender » et première écoute de ce mythique sample « Soit t‘es né avec une bite, et... trou… bourrer… seul… théorie… dominé/dominant… il faudra que je reste bien dur! ». (Merci à Manu pour l‘écoute d‘ailleurs! On dit « Big Up! » dans le milieu hardcore?!) 


    - Hellfest: Gojira VS Kickback. J’ai le souvenir d’avoir vu une vidéo de ces parisiens où ça s’échauffait, lors d‘une précédente édition du Hellfest. Gamin de cette société du spectacle (ceci était un petit clin d’œil à la communauté situationniste, sûrement fort nombreuse dans ces pages…), je me dis que je vais aller me divertir un peu avec/devant ces blaireaux de coreux et que, même si la musique est pourrie, je pourrais quand même me marrer un bon coup à les voir gesticuler comme des « maggots » constipés. Le chanteur annonce qu’il n’y aura pas d’échauffourées, aujourd’hui. Fais chier… rebelote donc, direction Gojira… pour la 43ème fois en trois ans. 


    - Fin juin, toujours en 2009 semble-t-il: une idée me tourmente, jusqu‘à l‘obsession obsessionnelle. Qu’est-ce que le gratteux d’Arkhon Infaustus (qui méritent amplement la canonisation citée supra avec ces entités que sont « Orthodoxyn » et « Perdition Insanabilis ») peut-il bien foutre dans un groupe de « hardcore »? Maman lui aurait acheté un baggy et un bandana pour son anniversaire? Un poster de Jamey Jasta?! Nan… ça ne tient pas debout cette histoire (comme moi d’ailleurs, si je le croise un de ces quatre à une soirée…). Il était donc temps d’éclaircir ce joyeux bordel et d’écouter cet album… N’oubliez pas d’éteindre la lumière en partant.


          J’ai fait traîné assez longtemps cette chronique, allons droit au but (le parisien se sent titiller là, hein?!): Kickback a sorti l’album de l’année. Kickback m’a foutu un gros kick back dans la gueule, et je m’en suis toujours pas remis: K-O. Faut dire aussi que je ne fais rien pour m’en remettre… Le métro et ses connards ambulants? Kickback à fond dans les écouteurs. Au supermarché? Dans la rue? Dans les bouchons? Un seul et nouveau mot d’ordre: Kickback. Un mec vient me demander poliment une clope? Si c’est « Sideshow » qui tourne dans le baladeur, tu peux être sur que ma réponse ressemblera plus à un « Et tu veux pas non plus que je te suce la queue là?! » au lieu du traditionnel, et d’ailleurs absurde « Désolé, mais je ne fume pas. ». No Surrender n’aurait aucune raison d’être, et d’être écouté, en haut d’une montagne, seul, avec pour seul bien un bout de chalet, et pour seule compagnie les animaux de la forêt. No Surrender est l’un des très rares avantages à vivre en ville, dans ces mégalopoles surpeuplés, au cœur du Cancer de la terre… il n‘y a que dans cet environnement en pleine décrépitude que cet album peut pleinement être apprécié. J’ai écouté cet album bien trop de fois, et je crois que ce n’est pas prêt de s’arrêter. Ça faisait bien trop longtemps que j’avais pas mis la main sur un tel concentré de malignité, de haine et de violence. Je l’ai dit, déjà, et le redis, afin de m’assurer que le message est bien passé: l’étiquette de « musique extrême » ne se mérite pas à grands coups de technicité et de rapidité. Seul les ambiances priment, seul les univers mis en place permettent de qualifier une musique d’extrême. Si je ne suis visiblement pas en phase avec la totalité des propos du chanteur, il a néanmoins, à mes yeux, tout à fait raison sur un point: il y a beaucoup trop de clowns actuellement. Les mecs qui, en live, vous font chanter sur les refrains ou taper dans les mains ne sont là QUE pour vous divertir… et accessoirement toucher leur cachet. Je ne fais même pas allusion à ces merdes en série fabriquées à la chaîne à l’usine « DeathMyspaceCoreGelVivelDop », je fais allusion à plus de 95 % de la scène métal et hardcore.


          « À quoi penser? Car il faut vivre, et vivre ici est un problème qui conduit à la longue au crime ou au suicide. » Baudouin de Bodinat.


          RIEN n’est à jeter sur ce skeud. La principale force de frappe de KicKbacK réside en la personne de Toxik H et de ses riffs maléfiques. On retrouve ce travail sur les dissonances qu’était jusqu’à lors propre à Arkhon Infautus. La fin du morceau « Still On The Prowl » parle d’elle même: c’est une putain de sensation d’assister à un meurtre, sous nos yeux, voir pire/mieux encore: la sensation de commettre ce meurtre, complètement possédé. Du genre vraiment sanglant, du genre qui dure… perdure, à grands coups de bar de fer, le sourire sadique, l’œil brillant, la queue toute dure!! La voix de Stephen Bessac apporte une dimension supérieur à l’ensemble: me rappelant le timbre de voix d’un Colin (from. Amenra) qui aurait grandi en banlieue parisienne, la haine est perceptible, exacerbée… continuellement et inlassablement. Juste parfaite. Que ce soit la fin de l’album avec « Warpath » et son côté grandiloquent décadent, ou « Deathlust » qui me fait à chaque fois remuer comme un « maggot » constipé, KKK ne loupe jamais le coche. Le tout transcende les traditionnels styles musicaux (premier groupe à jouir de l’étiquette de « black-core »? Le « rape-core » de Noise.mag force le respect sinon…) dont l’unique but est de marquer les consciences, au fer rouge. Je ne suis pas vraiment au courant des débats qui entoure le groupe, et ne préfère, de loin, ne pas l’être. Je laisse ce soin à mes amis pour qui les forums sont une passion incoercible… et bientôt une raison d’être. Je ne suis pas en accord sur tout, comme ces samples ou « l’idéologie » du groupe. Je ne suis pas vraiment un fan de hardcore: le côté festif, gangstar, blingbling et west coast, très peu pour moi. Par contre, pour ce qui est du reste, de la musique de ce No Surrender, je n’aurais aucun doute, mais vraiment aucun: ce full-length est/sera pour moi l’album de l’année 2009. Les « Black Blocs » ont ENFIN trouvé leur hymne pendant les émeutes…

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          CELESTE

          Misanthrope(s) (2009)




          Le sommeil me berçait calmement quand au dehors, le ciel s'assombrit instantanément et pris une tournure noire et terrifiante, à inquiéter n'importe quel météorologue et à paniquer n'importe quel être humain. Et d'un coup, un massacre encore inégalé frappa devant mes yeux, et alors j'ai compris que j'allais être un spectateur envié d'une situation fuit. Les arbres s'écroulaient un par un au sol, arrachaient déjà la vie à de pauvres somnambules vivants, déterraient les lignes électrifiées et s'enflammaient dans un chaos sans précédent. Une vengeance sans doute pour tout se déversement de béton sur leur espace vital... Une énigmatique autant qu'impressionnante vision 3D de la chose rendait tout ceci spectaculaire et grandiose, n'importe quels films et autres effets spéciaux devraient alors reconsidérer quelques acquis. Le feu s'attaquait désormais à ses milliards d'immeubles, bureaux et magasins, j'en apercevais un flou jaunâtre derrière cet épais brouillard noir, je pouvais entendre crier et agoniser, en espérant qu'ils auront tous vu défiler leur semblant de vie misérable qui les a précipiter à leurs morts ; ou encore plus stupidement prier et là, je m'extasiais presque... Il n'y avait plus à discerner quoi que ce soit, ça n'allait plus s'arrêter, le phénomène s'amplifiait, et j'étais toujours aux premières loges. Le rouge sang était difficile à entrevoir mais le tragique de la scène s'imaginait à merveille. La pluie et le tonnerre n'était là que pour rendre l'histoire encore un peu plus massive et étourdissante, mais quelle sensation ! Au milieu de cris de peurs bientôt égorgés, il n'y avait alors finalement plus de place pour les pensées si infructueuses de la masse de perdition, ni pour le shopping, ni pour passer à la banque, ni pour détruire sa vie à travailler, ni pour se faire belles pensant baiser, ni pour le retard qu'on aura, ni pour les études et l'avenir, ni pour sa voiture (quoique...), ni pour ses affaires et puis des données encore plus générales comme, ni pour les autres. Le piège se refermait lentement sur une masse et un système qui se le sont tendus eux-mêmes. Des yeux terrifiées n'y changeront rien, je regarde avec attention votre sort se sceller, et je sais qu'il n'y a que du vide et du semblant dans vos yeux. A force de trop jouer avec le faux, on finit par sacrifier la vie, alors soit heureux jusqu'au bout quand vient ton tour. Il ne restera bientôt plus rien, la sphère céleste pulvérise et dévaste l'intégralité de la surface de la Terre et s'écroule dessus... C'était moins une avant que les gens, qui somnolent leucotomisés sous l'ordre, et que la Terre, que nous avons transformé, fassent de l'univers un dégât collatéral. Je me demande bien où en est la bourse tiens... On peut parler de crash là ? L'ordre ne valait rien mais régnait en maître, l'illusion ne valait rien mais était la maîtresse de l'ordre. Le noir de la ville pétrifiait toujours autant, mais je ne suis pas sur qu'en temps normal, les masses des villes n'atterraient pas plus... Ce cauchemar perdurait et s'en fit assez. J'étais plaqué au sol, figé et dépourvu, je savais que je n'y résisterai pas non plus, quitte à tout prendre, autant tout emporter, et je le méritai par dessus tout. Je tins un bon moment sous les assauts, jusqu'à la soumission absolue ; longtemps ce noir, cette atmosphère vide et morte, pénétraient en moi, je senti jusqu'à ma chair cette odeur de cadavre, le chaos à son paroxysme, mieux que dans les rêves, pire que dans les cauchemars. Ca y est, je suis condamné, je pars avec tout le reste, une poussière de plus ou de moins...


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          INTERVIEW:
          
          
          
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          KEHLVIN

          Tour Report (2008)




          Des montagnes enneigées surplombant la Suisse à de vastes plaines, de circulations apocalyptiques inévitables et de villes décadentes, Kehlvin se lance dans un périple saisissant qui va à tout jamais marquer l'existence du Hard. Deux semaines de tournée à travers la France, la Belgique et la Suisse, à arpenter le bitume et faire rugir une musique de l'extrême chaque soir, en plein mois de novembre : voici ce qui attend les helvètes. Un voyage surréaliste semé de soirées mémorables, de nuits difficiles et de réveils ébahis, mais également de trajets agités et dépourvus de tout sens, de paysages éphémères et de visites instantanées. Mais le plus insaisissable, c'est ces soirs de concerts et ces envolées dans les atmosphères intenses et torturées de leur musique. Douze dates se dressaient devant eux pour ce « White Noise & Black Magic » Tour, et nul doute que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Les cinq effrontés du Hard, Yonni pour le chant, Baptiste à la basse, Spieli et Fab pour les guitares et Zen derrière les fûts, étaient prêts à en découdre et à déverser leur musique au fil des soirs à des inconditionnels d'émotions fortes. Pour les accompagner, Marie, organisatrice de cette épopée un peu folle, Julien, ingé son et expert driver à ses temps libres, moi-même pour six de leurs dates, et quelques autres aventuriers fous lors de certains concerts. Il fallait entre-autres pour ce fait, un van Mercedes, un GPS, des sacs de couchage et autres tapis de sol, de l'or liquide : l'essence, de la nourriture et quelques palettes de bière. Tout était réuni pour faire de ce voyage une réussite enrichissante humainement et musicalement. Et lorsque qu'on démarre une telle expérience, le but est de repousser toutes limites.





          Des bagnoles, des bagnoles de partout, des lumières, ces putains de bruits de la ville perforant l'audition... Fini la paix et l'harmonie Suisse, place à Paris et au chaos ambiant, là où on peut admirer la ruine de toute une civilisation. Après quelques heures de route, et quelques litres de bières, la tournée commence en apothéose ce soir, au Klub. Des escaliers, encore des escaliers, et un nombre incommensurable d'aller-retours pour décharger le matos, c'était l'heure du petit exercice physique du jour. Une salle fort bien sympathique (malgré son emplacement, Paris), qui allait sans aucun doute, très vite se combler à l'étouffement. En effet, avec 4 groupes au programme, dans un créneau horaire archi-serré, ça promet d'être l'apocalypse ! Le premier groupe, Brighton (projet des membres de Time To Burn) démarre les hostilités. Je ne sais pas exactement à quoi m'attendre, mais la description que j'ai ouïe de leur musique avait plus tendance à me faire peur qu'autre chose. Et effectivement, ce genre de 'Power Pop' n'était pas pour moi, et je dirais même que ses membres ne devraient vraiment se concentrer que sur leur projet le plus cataclysmique, car le potentiel de Time To Burn semblait infini à la vue d'un album comme « Is.Land », le plus déchirant et effrayant qu'il soit !
          Les gens s'amassent de plus en plus dans cette petite salle, la soirée s'avère une réussite à ce niveau là, alors que Stellardrive entame son set. Il n'y a rien à dire, c'est bien fait... Mais je ne ressens pas cette osmose frénétique qui pourrait m'emporter au loin, je ne ressens pas ce petit truc en plus, mais au contraire, un manque d'originalité peut-être, mais après tout, ce n'est de la faute de personne si d'autres ont exploré cette voie là avant...
          C'est maintenant au tour de Kehlvin d'essayer de nous renverser les oreilles. L'état des troupes pour ce premier soir semble excellent (Ce ne sera pas forcément le cas par la suite), et ils sont prêt à en découdre ! En mai dernier, lors de leur précédente date à Paris, le groupe a paru ne pas emballer tous les spectateurs présents à cette époque... Ouai mais merde, vous pouvez pas comprendre, c'est du Hard Suisse ! Enfin... Ces histoires plutôt pathétiques s'enterreront bien vite. « Le Barnacle » va faire office de décollage, et il s'avère que les cimes ont été atteinte plus rapidement que prévu. Excellente chanson pour démarrer, le public se prend déjà une bonne décharge. La suite assommera progressivement, et malgré quelques désagréments comme Fab qui manque d’exploser un retour situé en hauteur avec sa gratte, un problème de guitare pour Spieli, et un 'petit incident' sur « Rollercoaster Jr. », ceci n’entamera en rien la puissance du groupe sur scène ! Puis vient l'heure, déjà, de la dernière chanson, après un set infiniment trop court, et toujours pas d' « Albatross »... Et là on peut se demander : 'Ne sont-ils pas sadique, les Kehlvins ? Vont-ils jouer la chanson que tout le monde attend ici ?' Mais le vent souffle et on sent un apaisement général, fin du suspense. Personnellement, ce morceau sonne à mes yeux comme l'ultime du groupe, il faut être réaliste, il met tout le monde d'accord ! C'est donc toujours un grand plaisir d'être envahi par ses riffs assourdissants, usants, pénétrants et beaux. Une claque pareil foutue par un peu plus de 11 minutes (Car le titre dure plus longtemps en live grâce à la bonté de Spielus), c'est foudroyant ! L'inauguration de la tournée de Kehlvin est définitivement réussie.
          La soirée n'est pas pour autant terminée car c'est enfin au tour de Celeste de s'emparer de la scène. Un concert légèrement à l'arrache car les nihilistes (maintenant misanthropes en plus, on arrête pas le progrès...) sont arrivés quelque peu à l'extrême limite, pendant que les autres prestations, débarquant le matos à travers la foule. L'ambiance étouffante de la salle allait s'amplifier encore un peu plus et la fumée recouvrir l'espace. Bienvenue en enfer. Je tiens tout d'abord à préciser que les personnes n'ayant jamais vu un live de Celeste digne de ce nom ne pourront ni comprendre ni imaginer la suite. Une déferlante sonore dévastatrice, on se fait écraser, asphyxier, anémier, dilapider, notre corps se consume au rythme imposé par le groupe. Nous sommes en plein chaos, c'est la fin du monde !
          Ensuite, me remettant avec difficulté de l'expérience subite, je sors à l'air plutôt froid et me rappelle à mon spectre : Ici, c'est Paris. Mais le van des Kehlvins rempli, c'est carrément un balade surréaliste de la capitale qui s'amorça. Objectifs, et pas des plus simples : Récupérer Thibault (Ex-guitariste d'Einna) à la gare Montparnasse, déposé Marie et Thibault à un endroit que je ne localise absolument pas, parquer le van près du sleeping, et aller rejoindre un collègue dans un bar. Mais là, tout se complique, le trajet dura beaucoup, immensément plus longtemps que prévu et fut exaltant au paroxysme du Hard. Et une fois le van enfin parqué, l'heure du repos sonna.



          Kehlvin continue sa route à travers la France puis la Belgique avant de rentrer faire une halte et un concert en Suisse, pour mieux repartir à l'aube de la deuxième semaine. Cette bande de fêlés absolument extraordinaires avalait les kilomètres de bitume dans la folie la plus totale à la recherche d'un périple épique ! Quant à moi, après cette putain d'excellente aventure parisienne, je les retrouve à Lyon pour leur 5 dernières dates.






          Le froid et la pluie se font de plus en plus conséquents et la nuit tombe sur l'univers lyonnais. Kehlvin débarque alors, dans ce petit bar très sympathique, le Pep's, situé dans le centre de la ville. Après leur day-off chez eux la veille, ils entament la dernière ligne droite de cette tournée en visitant respectivement, et après aujourd'hui, Clermont-Ferrand, Montpellier, Marseille puis Toulouse.
          Mais revenons au concert du soir, que j'organisais avec Yann (Falling Down). Initialement prévu à 19h30 et avec 3 groupes, nous avons dû faire face à différents problèmes. Tout d'abord, un suicide sur la voie retarde mon train pour me rendre à Lyon. Calme, cool, zen... ça va jouer. Vers le coup des 18h, une annonce vient bouleverser les programmes puisque Maïno, le premier groupe de la soirée, se voit contraint d'annuler en raison d'un problème de santé du guitariste. Puis aux alentours de 20h, le deuxième groupe de la soirée, Rorcal, n'est toujours pas en ligne de mire à la fenêtre.
          Quand enfin arrivent les Doomeux (sans doute un peu lents) (ou Poneys), la soirée se lance... Enfin tout du moins la scène se peuple. Car au niveau du public, c'est hélas loin d'être l'extase. Un peu plus d'une dizaine d'entrées ont du mal à combler la salle... Mais, et c'est tout à leur honneur, les groupes sont venus faire du Hard ce soir, et ça se pratique dans toutes conditions. Rorcal effectue un set extrêmement lourd comme à son habitude, et enfonce les spectateurs dans le sol, irrémédiablement. Éprouvant, épuisant, Rorcal ne fait pas dans la détail, il assomme. Nous sommes plongé dans une ambiance insoutenable qui fait tout le charme du groupe. Après 40 minutes terrifiantes qui ont sans doute abattu le public présent, c'est au tour de Kehlvin donc, de faire cracher les amplis. Alors, d'accord, ce concert ne restera pas dans les annales, d'accord, la salle était bien peu remplie, d'accord, le son n'était peut-être pas non plus excellent et enfin d'accord, c'était sans aucun doute loin d'être leur meilleur show. Mais putain, je signe tout de suite quand même ! De « God As A Mere Intentional Object », qui à tout pour devenir une chanson culte, à « John Lemon », et en passant par, atoutazard, « Albatross », Kehlvin livre une performance encore excellente et ceci malgré les conditions. Les lyonnais devraient se mordre les doigts d'avoir loupé ce concert, mais ils ne s'en rendront sans doute jamais compte... ''Se tromper, vivre et mourir dupe, c'est bien ce que font les hommes'' (Cioran). Enfin c'est comme ça, la ville et comme partout, suit les effets de mode, et le 'Post-Hardcore' n'en fait plus parti... Plutôt, n'en a jamais fait parti. Il serait temps de reconsidérer un peu les choses...
          Après cette soirée périlleuse à gérer, les Rorcaux rentrent directement sur Genève alors que nous, nous prenons la route de chez Johan (chanteur de Celeste), pour une fin de soirée, pas si reposante que ça...







          Le lendemain, et après une nuit bien courte : direction Clermont-Ferrand. La putain d'autoroute française, c'est pas la suisse et elle ruine, elle... Alors le trajet se ferait à travers de belles petites routes pendant une bonne partie. Avant cela, il nous a fallu gérer la sortie de la terrifiante agglomération lyonnaise, et le maléfique GPS fût quelque peu fébrile, verdict : une petite heure à tourner, ça reste relativement tranquille pour les nerfs.
          Clermont-Ferrand et sa cathédrale toute de noir vétu... A-t-elle subit des pluies acides noires ou bien est-ce le lieu de pèlerinage des gothiques et du Black Métal ? A chacun de voir. Après ce petit détour au coeur de la masse, nous atterrissons à la salle du concert de ce soir, Atoutazard (Un nom qui pourrait occuper un drogué psychédélique plusieurs heures durant). C'est un endroit autogéré plutôt sympathique et convivial, pas très grand, mais ce qu'il faut regarder avant tout, c'est le public présent. Pour cette soirée, il y a 2 autres groupes sur l'affiche : tout d'abord Girlfriend In A Coma, avec une bassiste/chanteuse, qui n'est pas sans rappeler Sonic Youth. Et musicalement, ceci va se confirmer pendant les balances, par une influence non négligeable de ce dernier. Autre groupe de la soirée, Shädel, qui comme le premier, est de la région, mais c'est surtout un soir d'adieu pour ces membres puisqu'ils y joueront leur dernier concert. Niveau affluence, et malgré les moindres capacités de la salle, les gens sont au rendez-vous ! Après une date bien peu enthousiaste la veille, ça fait plaisir de voir un peu d'ambiance. Clermont-Ferrand sait sans doute mieux apprécier les bonnes choses...
          Girlfriend In A Coma s'attribue la scène pour débuter la soirée, et le groupe fournira une musique agréable, avec l'influence principale citée plus haut, très reconnaissable. Hélas, pour des raisons statistiques, je passe une bonne partie du set dans le van avec Spieli et Baptiste : il faudra être en forme pour la suite ! Passons maintenant à Shädel, qui délivre une musique très propre et très belle. Le groupe évolue dans des ambiances 'Post-Rock', donc agréable, mais tellement classique... On pourrait citer Mogwai, Sigur Rós ou encore EF, une musique très bien exécutée mais qui ne fait pas sortir ce groupe du lot, tant nous sommes loin de ressentir le petit truc en plus qui fait la différence. C'est le problème du 'Post-Rock', quelques groupes sont l'apothéose tel que This Will Destroy You, Ocoai, mais le reste a bien du mal à attirer et surtout retenir notre attention.
          Nous avons passé un bon moment avec ce groupe, mais il n'en ressortira pas grand chose... Et Kehlvin arrive pour prendre la suite en main. Yonni commence à souffrir de plus en plus de sa gorge, mais les conseils quelques heures plus tôt de la pharmacienne, à savoir qu'il ne doit plus chanter, ne pèse même pas 1 gramme dans la balance. Quant à Zen, le batteur, il est légèrement diminuer à cause de problème de dos, on en reparlera. Les jours se suivent et la setlist se ressemble, mais pour ce qui est de l'ambiance, c'est tout autre chose ce soir, avec une salle encore bien pleine, et des gens impatients d'être emporté par la musique. Il n'y a rien de spécial à dire de plus que sur leurs prestations habituelles, si ce n'est que Kehlvin répond toujours présent. Il y a certes des performances plus extraordinaires que d'autres, mais elles restent toutes extrêmement élevées ! On note que Fab, à s'acharner comme un rockeur fou sur sa guitare, cassera une corde au tout début de « Red Diesel Revolver », ce qui n'aura pas d'influence sur la chanson, vue sa structure.
          Mais à la fin du set, la soirée est loin d'être terminé. Toujours au régime de l'alcool et privé d'autres substances psychédéliques, il faut lutter. Quelques minutes ou heures plus tard, la notion du temps étant totalement brouillé, nous nous retrouvons à marcher en plein centre de Clermont-Ferrand... 'Mais qu'est ce qu'on fout ici ?!' Pourrait-on tous s'exclamer. Irréel et insensé. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises, après l'entrée d'un immeuble et de long escaliers interminables, nous débarquons dans un petit appartement, avec des gens dedans... Dont une fille russe ou en tout cas, la chapka qu'elle portait signalait clairement une attirance communiste. La suite fut démente, mais hélas pas pour tout le monde : Zen souffrait vraiment du dos, et la tendance pour les jours à venir pouvait-être statistiquement critique. Dans l'autre pièce, la nuit fut quelque peu perturbée...


           




          Les profils se creusent, les jambes s'alourdissent, les yeux même, commencent à faire défaut. On peut dire que c'est l'état qui traverse la plupart en ce matin de novembre... Mais le moral est là, comme toujours, le Hard répond présent. Une longue route nous attend pour nous mener cette fois jusqu'à Montpellier et Zen, après une nuit compliqué, va prendre un médicament assommant qui le fera planer une bonne partie du trajet. Sur cette autoroute qui descend vers le Sud de la France, l'intérêt principal, celui où tout le monde sort son appareil photo, c'est le viaduc de Millau... Chacun interprétera ceci selon sa sensibilité matérielle.
          Des heures plus tard, nous voici à la salle, en banlieue de la ville : The Secret Place. Une soirée normale dites-vous ? Et bien pas tant que ça, car Kehlvin ouvre pour Lightning Bolt, et il faudra faire un excellent live ! La salle est grande, le cadre est vraiment cool, tout est réuni pour que ça se passe bien. Même Zen va légèrement mieux, ce qui est de très bonne augure. A l'ouverture, le public n'afflue pas en masse et la part de vide est assez conséquente. Peu à peu, les gens arrivent sans que ce soit l'extase à ce niveau là et puis Kehlvin entame son set. C'est classe. Le son est parfait, peut-être le meilleur que j'ai vu depuis qu'il y a Fab à la gratte. Tout est parfaitement exécuté, le groupe déroule, sans soucis. Visiblement c'est une excellente performance, mais certains iront chercher la petite bête, comme s'il n'avait rien de mieux à faire. Quand je vois dans un live report que Kehlvin joue trop carré, que Kehlvin ne dégage rien car c'est trop propre, j'aurais, en modérant mes propos, une relative tendance à vivement y contredire... Les suisses s'acclimatent très bien à n'importe quelle situation live, et s'en sortent à chaque fois à merveille, alors non, ils ne jouent pas trop carré, alors non, la veille ils n'avaient pas joué trop punk, c'est les conditions de concerts tout simplement... Si vous voulez voir du chaotique, n'allez pas dans une grande et belle salle. Et inversement. Dans tout les cas de figure, les concerts sont réussis. Quand on se prend un chanson comme « Atheist Hope », on se fait porter par son magnifique arpège, puis il est ensuite mélangé à d'intenses riffs qui transportent dans d'autres univers, et on se dit putain, qu'est ce que c'est bon, la musique ! Enfin... Une certaine catégorie de musique, celle qui joue sur l'émotion, celle qui prend au trip, et il y en a bien peu... Ou plutôt, il y a bien trop de merdes. Faire de la musique pour faire de la musique n'a aucun intérêt, il faudrait le dire aux gens tiens... Et dire aussi au grand public qu'il se fait bien enculer, mais ça, c'est peine perdue. Un putain d' « Albatross » ou de « God As A Mere Intentional Object » vaut bien plus en émotions et en sincérité que 99% de la musique qui existe aujourd'hui. Une telle débauche d'énergie et de puissance donne une envie incoercible de plonger dans le gouffre si beau et si profond de la musique.
          Mais place maintenant à Lightning Bolt : les deux américains déjantés, un à la batterie, une cagoule avec un micro en dessous, et l'autre à la basse avec une dernière corde de gratte, se sont installés dans un coin de la scène, avec des amplis surpuissants. Le résultat est simple, c'est de la folie ! Complètement dégénérés ces mecs ! Ils avaient l'air pourtant tellement calme en backstage... Et malgré que j'aurais bien aimer voir un peu plus ce chaos, je dû me résigner car le son était insoutenable pour ma part, même avec boules-quiès. Il est temps de plier bagage direction le centre de Montpellier pour Yonni, Spieli, Baptiste, Marie et moi, tandis que Zen et Fab ont choisi la sécurité, un petit hôtel à deux pas du TAF. Nous nous retrouvons donc tous les 5 chez Ben (Neverscene) et son chat Black Métal 'Burzum', qui nous accueille très gentiment chez lui. Une soirée et surtout un 'Burzum' très en forme, qui ne s'oublieront pas de si tôt...







          Le Sud, la côte, la mer, le soleil, le rêve de tout français moyen de s'engluer en plein mois d'août sur ces plages et défendre coûte que coûte son mètre carré de sable et toutes sortes d'attractions plus larmoyantes les unes que les autres où notre instinct de consommer se révèle irrésistible... Mais loin de nous toute cette masse, nous sommes à La Grande Motte (avant de filer vers Marseille pour le concert du jour) en plein mois de novembre, où le plaisir du paysage peut s'exprimer librement.
          Revenons à la date du soir, qui s'annonce excellente puisque Celeste retrouvera, comme le lendemain d'ailleurs, Kehlvin pour partager du Hard. La salle, le Korigan, se trouve à Luynes, à coté d'Aix-en-Provence, au bord de la route, c'est toujours plus pratique... Un espace conséquent, une belle scène, tout semble parfait. Mais un peu plus tard dans la soirée, alors que Yonni et Zen répondent à une interview de l'incontournable AureliO (W-Fenec), c'est le désert... Y'a un match de l'OM ce soir c'est ça hein ?! (Ne pas confondre avec un concert de OM). Bordel de merde, ils n'ont pas aussi mauvais goût quand même ? Il va hélas s'avérer que si... Et dans le match d'affluence qui oppose l'OL à l'OM, les seconds auront encore été plus médiocre que les premiers, et ça fait chier. Car dans cette immense salle, à peine une quinzaine de personnes dans le public, groupes compris, l'espace vide est semblable... A tout concert de ''PostHardcore'' dans des endroits à capacité importante en fait ! Merde, on m'avait dit que c'était la mode de ce style de musique, mais pas que les gens boycottaient les concerts pour manifester leur intérêt. Pauvres petits cons.
          C'est alors dans le néant absolu que débute Celeste. Quelques jours auparavant, c'était l'enfer au Klub à Paris, et là, on dirait vraiment qu'ils jouent pour rien... Les rares personnes présentes étaient assises, et si c'est plutôt encourageant sur un concert de Earth, ça l'est beaucoup moins sur du Celeste. Malgré tout ceci, le concert reste d'une grande qualité, le son est très bon, au niveau de la performance, il n'y a rien à reprocher au groupe, qui fait ici preuve d'un grand intérêt pour sa musique et non pour le public présent. Comme Kehlvin quelques minutes plus tard, ils se donnent à fond. Certains diront c'est normal... Mais aujourd'hui, je connais déjà peu de groupes qui donnent tout sur scène avec du monde, alors sans personne au rendez-vous, ça force le respect, et ça montre définitivement que ces deux là méritent, contrairement à d'autres...
          Une nouvelle fois, le son des Suisses étaient excellent, et on a pu apprécier à leur juste valeur les riffs doux et tortueux d' « Atheist Hope » et d'autres moments plus agressifs et rageurs.
          Après un show qui n'a pas forcement enthousiasmé le moral des groupes, la fin de soirée allait pourtant être très difficiles à négocier, comme d'habitude en fait... La période dans le van sur le parking de l'hôtel sera un moment critique, puis plus tard dans la soirée, Yonni, Baptiste et Spieli étaient confronté à un distributeur de petits plats récalcitrant. Après plusieurs minutes de tentatives infructueuses, l'ambiance général était à la résignation et au sommeil.








          Aujourd'hui, c'est le dernier réveil, la dernière ligne droite, l'ultime journée pour profiter encore à fond de ces moments et avaler le bitume à la recherche de nouvelles expériences. Et il y en a des bornes à faire, pour rejoindre Toulouse. Un trajet encore enrichissant, et le putain de vent du sud qui nous faisait tanguer, il ne valait mieux pas avoir le mal de mer... Et à fur et à mesure, le temps se couvrait, se couvrait... Arrivé à Toulouse, après une énorme demi-heure à écumer les places pour parker le van à une bonne dizaine de minutes à pied de la salle, un petit tour dans la ville s'imposait, mais avec la nuit, la pluie qui tombait et la fatigue accumulée des jours précédents qui se ressentait de plus en plus, c'était loin d'être gagné. Heureusement, quelques bières atténuaient les difficultés.
          Mais la tache qui suivait n'était pas si facile, il fallait déchargé le matos à la salle, les Caves de la Notté, situé, il faut le dire, très merdiquement : une rue en sens unique très passante et aucune place nul part. Tout d'abord, sur le trajet jusqu'à cet endroit, le GPS nous joua des tours et nous fit emprunter un minuscule passage, extrêmement périlleux. Putain ils peuvent pas faire des routes plus larges par ici ! Mais avec Julien et tout son talent, nous sommes sortis de là brillamment. C'était donc ensuite une course contre la montre, où plutôt contre la horde de mecs stressés dans leurs bagnoles derrière pour tout décharger. Mais bon, écoutes ça va... Tu peux bien attendre quelques instants derrière un van mec, si tu loupes le 20H, ce sera même bénéfique.
          Comme si ça ne suffisait pas, l'accès à la scène était lui aussi farouchement compliqué... On en reparlera pour le chargement. Mais l'heure est à l'inquiétude, Une soirée 'Electro' doit débuter vers 23h, et nous savons très bien que ce sera statistiquement impossible... Tant pis, et surtout, rien à foutre. Kehlvin entame donc son set à une heure déjà bien avancé, et devant un public nombreux, même si capacité de la salle n'est, et c'est le moins qu'on puisse dire, pas énorme. Que de dégâts ! Kehlvin va foutre une claque à tous ces toulousains pas habitué, de quoi finir la tournée en beauté. « Albatross » fait ici aussi, figure d'apothéose, décidément... Mais tout le set fût explosif et ravageur.
          Les Celeste(s) vont prendre le relai de la soirée, alors qu'on peut apercevoir certaines personnes un peu perdus au milieu de tout ça, probablement déjà là pour la soirée 'Electro'. Et bah putain si tous ces connards et ces salopes pouvaient se prendre un set de Celeste dans la gueule, ça leurs changeraient leur vie à tout jamais... C'était comment ? Chaotique, oui, j'en abuse un peu, mais je pense que ça défini assez bien le truc alors... C'est comme ça. Quelques galères pour le guitariste avec ces cordes, mis à part ça, rien à signaler, où peut-être, l'état des gens après le set, totalement écrasés, lessivés...





          S'achève ainsi une tournée, j'allais dire, pleine de vie, pleine d'événements incommensurables, de délires, de longs voyages, de discussions profondes envollées vers de haut lieux d'imaginations, de pensées et d'idées, de souffrances extrêmes, de réjouissances intenses, d'apaisement loin d'une civilisation et d'un quotidien qui nous a déjà emporté bien bas, de joies bénéfiques, de réveils difficiles, de visites étonnantes, d'émerveillements et bien sûr de musique, celle qui nous rend tous plus expressifs, celle qui dégage un fond d'évasion fantastique... Sur tous les plans, cette tournée aura été quelque chose de grand. Un énorme merci à tous pour ce périple qui marque l'esprit à tout jamais, Marie, Yonni, Spieli, Fab, Baptiste, Zen et Julien ; le grand aimant, l'histoire.



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          (Photos : Spielus Magnus le Maléfique) 




          CHRONIQUE:

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